La Galerie des arts du feu 9 octobre 2021 > 9 janvier 2022

Exposition Art macabre

Galerie des arts du feu – Exposition Art macabre du 9 octobre au 9 janvier 2022 : quand l’Aître Saint-Maclou inspire les démiurges du feu

Aujourd’hui lieu de vie animé avec ses galeries d’art, son restaurant et sa riche programmation culturelle, l’Aître Saint-Maclou a longtemps été associé à la mort. Ancien cimetière charnier qui accueillait au Moyen-Age les corps des pestiférés, c’est l’un des rares exemples d’ossuaires subsistant en Europe. Les motifs funèbres sculptés dans les boiseries du monument (cercueils, têtes de mort, ossements, outils du fossoyeur…) et les colonnes en pierre figurant une danse macabre, témoignent de ce passé lugubre.

L’exposition Art macabre programmée du 9 octobre au 9 janvier 2022 à La Galerie des Arts du feu propose donc de faire écho à l’histoire de ce lieu singulier à travers les œuvres d’une vingtaine d’artistes : céramistes, verriers, sculpteurs métal, plasticiens et même décorateur de cinéma !

Âmes sensibles, s’abstenir ! Le décor est crûment planté dès la montée des marches : vous pénétrez là dans le royaume des morts… Une ambiance baroque rendue d’emblée par ces couronnes mortuaires en céramique sur lesquelles défile une farandole de personnages simiesques. Des compositions déroutantes qui mettent en jeu le monstrueux et l’énergie du bizarre tout en produisant des assemblages contradictoires, entre inquiétude et festivité, fugacité de la vie et immuabilité de la matière. D’autres propositions abandonnées à la corruption implacable et naturelle de l’eau, du soleil et du temps évoquent sans détour des caveaux funéraires : il en est ainsi de ces parallélépipèdes en céramique porteurs de symboles et de dessins mortuaires.

Très souvent associée à l’art macabre, la thématique des vanités (« souviens-toi que tu vas mourir ») est bien sûr omniprésente dans l’exposition. Classique du genre, le crâne est largement décliné. En cristal, en porcelaine, en acier, il incarne l’être décharné. A l’image de ces « boîtes d’os » qui renferment des squelettes virevoltants en référence aux « manies dansantes » du Moyen Age. Le pied du nourrisson, le poulpe, le sablier, les bougies fondues, la tulipe fanée, le papillon en tant qu’insecte éphémère constituent autant d’allégories pour exprimer la précarité de l’existence et les futilités des entreprises humaines. Parfois, le crâne est juste suggéré comme au travers de ces buissons de feuilles dont les couleurs vives semblent honorer la mortalité, annonciatrice dans le milieu naturel d’un recommencement perpétuel.

Cette production très inspirée qui plonge le visiteur dans un curieux voyage outre-tombe, montre combien les créateurs restent profondément attirés par l’art macabre dont les premières expressions remontent au Moyen Age. Quel que soit le médium retenu, l’évocation de la mort renvoie à notre propre existence, à nos choix de vie. Ainsi, les œuvres mises en scène invitent-elles à nous arrêter un instant, à prendre du recul et à méditer sur notre destinée.